15 octobre 2018

MOT À MAUX


Voici mes mots de la semaine :

1.
Nous aurions voulu, tant nous sentions battre
D’ardeur et d’espoir nos cœurs de vingt ans,
Ivres de désir, monter quatre à quatre,
Fous que nous étions … l’échelle du temps
Louis Frechette dans Pêle-mêle

2.
Mais, si tu veux que j’aime jusqu’au bout
Fais que celui que j’estime mon tout,
Qui seul me peut faire pleurer et rire,
Et pour lequel si souvent je soupire
- Louise Labé (16e siècle) dans Élégie

3.
Que dire de plus
Quand souvent le silence
Parle plus et plus fort
Que les grands vents du Nord
- mon ami Michel Laverdure dans Que dire de plus

4.
Étrange vie
Sous le soleil accablant
Tu viens de partir
- Haïku de Mélissa Collette

5.
Le tourment de vouloir s’exprimer malgré la peur de n’avoir rien à dire – Jean-Pierre Ferland dans Marie-Ange la douce

6.
Je suis née de l’endroit
D’où vient
La solitude même
Et je vais
La suivant pas à pas
- Marie-Andrée Godin dans Le désert

7. Les gens que je côtoie alimentent mes écrits ... et mes écrits changent ma relation avec les gens que je côtoie. Attention, j’vous check – Denis Roy

8.
Pétales s’animent d’une lueur embrumée
La rosée pianote son refrain de fraîcheur
Symphonie nocturne aux notes nimbées
Emplie l’opacité d’une tendre langueur
- mon amie Dominique Chouinard dans Ténèbres en écho …

9.
L’oiseau migrateur
Se pose dans l’arbre impossible
D’une coupe à blanc

L’espérance en bouture
Se becte à la racine
- David Goudreault dans S’édenter la chienne

10.
les chemins de l’exil postent une douleur digne
le poids des larmes fait de l’ombre à la vie
- Anne-Marie Blanchet dans Les réfugiés

Et en image les Hilandes de Marcel :









08 octobre 2018

MOTS À MAUX


Voici mes mots de la semaine … en fait, un petit texte que j’ai écrit après avoir écouté l’émission « On efface et on recommence » au lieu de perdre ma soirée à écouter les « élections ». Si le dénouement de l’émission vous intéresse, la suite et fin passe ce soir à 20h00 au Canal Vie. :

à Kelly-Ann
à Lyne
à mes amis Diane et Mario

KELLY-ANN
ou « On efface et on recommence »

À peine le jour dégaine
les réseaux sont en larmes
d’élection perdu
du ballon qui n’a su
trouver le fond du filet
d’essence qui s’obstine avec le prix
et du dollars qui vit sa décrépitude

Au fond du jardin
une rose se meurt
pourtant la semence était bonne il me semble
pourquoi sa courte vie
fut-elle si fragile
sans abeille
pour prendre le thé
au divan de sa corolle

Endolorie au creux de son fauteuil
une fillette semble apprécier
chaque seconde
Les gestes
qui se partage ses besoins
Le village qui se concerte
pour faire de sa vie
ce qu’aucun médecin n’a su
Le badaud qui applaudit
La gamine qui sourit

Mais au téléjournal
ce soir
nos petites misères seront auscultées
des doigts pointeront dans le noir
le peuple criera sa peine
le Canadien aura perdu 3-0 contre Toronto

Dans une petite chambre
sous l’œil tamisé
de la tendresse d’une lampe
sa doudou contre son petit corps fatigué
Kelly-Ann osera sourire
juste avant de s’endormir
sur les derniers mots de Lyne
d’une aventure invraisemblable et anodine
dans les pages d’un livre d’histoire

Comme Léo qui chante
même si papa l’a grondé tantôt

Comme ce petit garçon que j’ai vu un jour
sautant dans un trou d’eau
le rire aux éclats
dans ce pays en guerre

Vous aurez compris
que ce n’est pas une défaite électorale
qui a conduit une larme salée
jusqu’à mon cœur ce soir

Bonne nuit petite
tu es déjà grande

- Denis Roy

… et en image, des pinceaux à ciel ouvert ont fait de délicieuses arabesques.








Pour celles et ceux qui suivent mes activités littéraires, mercredi 10 octobre 2018 de 19h30 à 2130, j’anime le Micro-Libre Saint-Jean à la galerie Aux 4 Vents, 27 rue St-Charles à Saint-Jean-sur-Richelieu.  Venez y déclamer poésie, slam ou conte