19 janvier 2015

MOTS À MAUX



MOTS À MAUX

Pour mes mots, cette semaine, je vais vous parler de maux, et ce, en prose poétique. Je ne suis toujours pas certain pour ce genre d’écriture, mais mon copain Pierre (celui-là même qui organise la rencontre Harpe et Poésie du 24 avril prochain), qui est aussi le grand sorcier de la Société des Poètes Universelles Francophone (SPUF) a bien essayé de me faire comprendre la différence entre la prose et la poésie. Puisque j’ai mélangé un peu des deux …

Puis, le sujet m’est venu suite à quelques discussions que nous avons eu, la gang à Gérald (ils vont se reconnaître) et en lien avec une décision politique que j’avais dû faire lorsque j’étais commissaire scolaire.

En cette période de grande intolérance donc …

L’AN CLOS

Alors voilà! Nous y sommes
C’est l’An Clos
Et c’est un peu de ma faute
J’ai voulu vieillir trop vite
Vite finir l’école
Travailler
Me surpasser
Me reclasser
Meilleur poste, salaire
Mais plus de temps
Ni pour l’amour
Les enfants ou les vacances
Plus d’horaire
Pas besoin, j’y suis tout le temps
Ma blonde sans amour
À une plus grande maison
Mes enfants sans père
Ont de plus dispendieux jouets
(mais pas nécessairement plus intéressant)
Je n’ai même plus le temps
Pour ma santé
Alors elle me quitte
À petit pas
Et je persiste
Juste quelques années encore
Et lorsque j’y parviens
C’est nos décideurs qui en rajoutent
Juste quelques années encore
Et j’y suis parvenu

Je suis vieux

Même si je n’ai pas terminé de travailler
Alors on me montre l’enclos
L’enclos des hors-normes
Évidemment
Je n’y suis pas seul
Y a foule
Y a aussi les fumeurs et les buveurs
Merde! Vous n’avez qu’à arrêter
Puis les gros
(tiens! J’y serais tout de même parvenu)
Pourtant, c’est simple de maigrir
L’autre là-bas mange sans grossir
Et y a les mentaux
Qu’est-ce qu’on va faire de vous?
Et on se fout
Que vous y êtes depuis la naissance
Ou parce que la vie vous y a poussé
Et y a les sans diplômes
Sacrilège
Qu’est-ce que vous avez dans la tête
C’est pourtant simple

Et plus il y a de monde
Moins l’enclos est grand
Et en dehors
Il n’y a que le meilleur
La crème de la crème
Tiens! Ça me rappelle une époque d’avant-guerre
Une race parfaite
Plein d’argent
Pour acheter la beauté
Les diplômes
Les vacances au soleil
Pour se refaire une santé

Et dans l’enclos
Il n’y a qu’une porte d’entrée
On n’y sort pas
Alors personne n’y fait de visite
A toi de te démerder
Avec TON problème
Dans le service dit public
Tu n’as pas droit au privé
C’est privé
N’y a que la boue de l’enclos
Où tu t’enfonce
Petit à petit
Suffisamment calé
Pour ne plus que tu viennes embêter les gens biens
Qui autour de l’enclos
Marche avec un compteur de pas
Mange du tofu
(on se fout qu’il n’y ai plus de goût, on est au goût du monde)
Travail sans voir l’heure
Dépense avec les riches
Dans des bars privés
Des écoles privées
Et malgré qu’ils y croient
Privé du bonheur

Mais dans l’enclos
Y a un réveil
Le réveil des hors-normes
Coalition des moins que rien
On y fait
Malgré pratiquement rien
La fête
Le festin
On y reprend notre temps
Et jour après jour
Il y a plus de monde en dedans qu’en dehors
Alors se prépare une révolte

La révolte de l’An Clos

- Denis Roy

Et en image, je vous présente la rosé des branches au petit matin de notre quotidien hivernal :







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