15 juillet 2019

MOTS À MAUX

Voici mes mots de la semaine :

lever du jour
d'une lune qui s'éternise
baille aux corneilles
aise son songe
dans le corsage du vent
- Denis Roy

1,
Déverse ta pluie sur l'éperdu de l'orge dorée
et regarde mourir le jour sur une note sombre mélopée

Pendant que le sommeil chante une dernière
avant de partir pour la route
- Simon Malouin dans L'impresionniste

2, Chloé a de belles flûtes en bois rouge. Quand elle joue, c’est le vent qui court dans la montagne, qui se faufile entre les arbres et qui descend jusqu’à la rivière - Roxanne Bouchard dans Whisky et Paraboles

3,
Sombres victimes de l’abrutissement journalier
d’un fonctionnariat
Si peu fonctionnel et si peu empathique
Qu’on serait portés à se demander
s’il fonctionne à pas de torture ou de tortue
- mon ami Normand Lebeau dans A pas de tortue

4,
Comme toujours, les petits moutons
Resteront dociles de toute façon
On se laisse aveugler, même si c’est dément
C’est plus facile
Évidemment je préfère marcher sur un fil
- Mélodie Bonin dans Besoin du vide

5,
Dans leur vareuse, enduite d’huile de lin crue,
Harassés, grelottants, ils combattent la crue
Et repoussent sans fin, d’un geste machinal,

L’amoncellement dru des bûches vers la rive,
Tandis que, tournoyant dans le libre chenal,
S’en vont des nénuphars de neige, à la dérive.
- Alfred Desrochers dans Dans le brouillard

6,
J’ai recueilli le testament sonore
des anciens et ne me reconnais
aucun territoire
aucune patrie
- Madeleine Gagnon dans Les fleurs du catalpa

7,
Si l’herbe que je t’offre devenait rose
Et mes maladresses, des marguerites
Dis …
Si tous mes dires devenaient prose
Et prose, poésie et ainsi de suite
Dis, dis, me suivrais-tu?
- Samuel Lapierre dans Les dires du conditionnel

8,
Vis-à-vis la mienne
Une chaise attend;
Elle fut la sienne,
La nôtre un instant;
D’un ruban signé,
Cette chaise est là,
Toute résignée,
Comme me voilà!
- Marceline Desbordes-Valmore dans Ma Chambre

9, On verra bien si je ne saurai pas me débrouiller sans elle pour n’arriver à rien – Réjean Ducharme dans Dévadé

10,
Ses longs bras d’eau
soulèvent les vagues
au rythme de la démence
de l’ouragan
- mon amie Doris Maltais dans Le voilier

et quelques cabanes qui auraient bien des histoires à nous raconter







09 juillet 2019

MOTS À MAUX

Voici mes mots de la semaine :

Cette fleur
qui de bon matin
ce penche
de bonne oreille
jouit de ma confidence
et moi de son parfum
- Denis Roy

1,
la grève
aux reflets d'agate
se présente comme une autore
- Louise de gonzague Pelletier dans Rêves inachevés

2,
On voit aussi des écrivaniteux
qui se laissent aller, qui se librairent,
qui goncourent à gauche à droite
à n'importe quel prix
- Sol dans L'odieux visuel

3,
toute la nuit
nous avons guetté
le paysage en silence
- Marie Uguay dans signe et rumeur

4,
je n'ai vu rien ni personne qui vaille ma peine
se pourrait-il qu'une seule et simple larme
quand on y baigne lentement son âme
devienne la plus dangereuse des armes
- Raoûl Duguay dans Nu tout nu

5,
Les jours coulaient dans les veines
avec des verbes
au futur

car le futur était une question
que se posaient les filles

en jouant
avec les garçons
- Louise Dupré dans Plus haut que les flammes

6, C'est terrible de regarder en bas du haut de l'extase et de savoir que ça n'a aucune importance de mourir tout de suite parce que jamais on ne pourra être plus heureux – Frank Ronan dans Les hommes qui ont aimé Evelyn Cotton

7,
Au-dessus de ses monts à la haute corniche
Les cèdres et les pins forment de verts bouquets
- Blanche Lamontagne-Beauregard dans Ma Gaspésie

8,
L'enfant cherche un rien.
C'est tout!
- mon ami Jean-Yves Roy

9,
La nuit, le silence …
Les étoiles se confient entre elles comme des petites filles.
Et si on écoute bien
On les entend chuchoter :
- mon amie Emma Oudé dans Collection d'idées

10,
tout
se transforme
les bouteilles
en petits sous
les mégots
en cigarettes
les enfants
en clochards
- mon ami Ex Nihilo

et le jardin de ma voisine …









01 juillet 2019

MOTS À MAUX

Voici mes mots de la semaine :

Sa petite bretelle était si légère
que je me suis surpris
à souhaiter un coup de vent
- Denis Roy

1,
La montagne s'étale pleine longueur
telle une chatte paresseuse
sur le miroir du lac tranquille
- mon amie Dolorès Vary dans Une ombre

2,
Dis-moi
Oh toi ciel
Avec ton Maître merveilleux
Et toi Satan
Pourquoi le bonheur
A-t-il une fin abrupte
Sans vallée
Pourquoi cet ici
Qui n'en est pas un …
Claude Péloquin dans Sur l'îlot de cupidon

3,
La plus belle jeunesse
À son souci secret
Et l’ennui qui la presse
M’en ôte le regret
- Louise Amélie Panet (Joliette, 1817)

4,
Leurs vêtements devenus friperies
Leurs corps flottaient en mirage
Leur poésie fondait en prose
- mon ami Pierre Poulin-Piel dans Les amants

5, Comme dans tous les villages jetés au hasard, on y trouve l’essentielle trinité permettant de survivre au néant : un dépanneur, un bar, une église – Roxanne Bouchard dans Whiskey et Paraboles

6, Hier Patricia est venue m'aider à faire mes exercices. Au bout de deux heures, nous avions tiré au poignet, fait des push-up, l'amour et quelques mouvements d'assouplissement – Jacques Boulerice dans La boîte à bois

7,
Des brises épuisées
En aura brumeux
Une chevelure d’algues
Léchant le pied des falaises
- Lucie-Soleil Ouellet dans Par le hublot

8,
Entends-tu le vent
Que s'échangent les branches
Dans ma forêt immense?
- mon ami Loui dans Cinq saisons du corps

9,
Ma peine m’est venue
d’une parole,
un soir d’orage,
alors que le tonnerre
réclamait
une tendresse silencieuse,

son sourd
que seule la pluie écouta
- Joséphine Bacon dans Bâtons à message

10,
La lune est un trou
Un puits de lumière par où
Te sortir la tête du monde
- David Goudreault dans Lunatique

et un jardin de folies